Manifestation sauvage: Participer n’est pas illégal

Comme le rapportent un communiqué du Groupe Anti-répression Genève (GAG) ainsi qu’un article du Courrier, le Tribunal de police a acquitté sept personnes vendredi 18 août. Elles faisaient opposition à des amendes entre 280 et 650 francs suite à leur participation à une manifestation non-autorisée contre la venue du président turc Erdogan à Genève en janvier dernier.

Suite au jugement qui acquitte tous les prévenus et met leurs frais d’avocats à la charge de l’État, Olivier Peter, l’avocat de trois d’entre-eux, explique au Courrier que « ce jugement confirme que l’application de la loi par le Département de la sécurité et ses organes est illégale et arbitraire, réagit Olivier Peter. Elle vise à restreindre la liberté d’expression de celles et ceux qui dérangent le Conseil d’Etat, alors que ce dernier déroule dans le même temps le tapis rouge à des dictateurs. »

Une victoire politique

De son côté dans son communiqué, le GAG rappelle les enjeux d’une telle victoire dans le contexte acuel:

« La répression est tombée sur un os, tant mieux ! En 2016, le chef du Département de la sécurité et de l’économie Pierre Maudet avait annoncé qu’il refondait la doctrine de maintien de l’ordre suite aux dégradations matérielles durant la manifestation « sauvage » pour défendre la culture alternative du 19 décembre 2015. Plusieurs signes laissent à penser que la répression à force ouverte de la manif anti-Erdogan et la distribution générale d’amendes au moindre rassemblement fait partie de cette stratégie, mais que celle-ci est plus difficile à mettre en œuvre que prévu. […] La justice est un rapport de force, et le fait de s’opposer systématiquement à la répression en contestant toutes les amendes reçues après des manifestations en fait un terrain de lutte à part entière. »

Finalement, rappelons que la répression de cette manifestation par la police genevoise avait été particulièrement brutale. Un bilan dressé dans les jours qui ont suivi cette soirée décrivait le comportement nauséabond des forces de l’ordre genevoises:

« Une partie des personnes présentes sont plaquées au sol et certaines sont passées à tabac par la police, alors qu’iels étaient complètement neutralisées et sans défense. Les policiers anti-émeute leur assènent de nombreux coups de pied et de matraque au visage, sur les côtes, le dos et les jambes. En bonus, certainEs personnes immobilisées au sol ont même le droit à un coup de spray au poivre à quelques centimètres des yeux. »